Restitution de la cartographie de la recherche en éducation et structuration du dialogue recherche-institution au Sénégal, en Guinée et aux Comores


GPE KIX Afrique 21

Restitution de la cartographie de la recherche en éducation et structuration du dialogue recherche-institution au Sénégal, en Guinée et aux Comores

Lancement :

07/08/2026 à 08h37

Clôture :

31/08/2026 à 17h00

Fuseau horaire : Europe/Paris

Le Centre KIX Afrique 21 pour la période 2023-2027 tire son essence de plusieurs sources : le contexte régional et sous-régional dans lequel le développement des systèmes éducatifs africains se déroule, les acquis et les leçons apprises dans l'exécution du projet depuis son lancement en avril 2020, les concertations et consultations avec les parties prenantes au projet tels que les membres du consortium qui se sont associés pour orienter et gérer la mise en œuvre des activités, le feedback des autres Centres KIX lors de la  réunion inter-hub d'Ottawa (février 2023) et le retour d’un échantillon d’équipes nationales KIX lors de la réunion du cluster Afrique centrale (mars 2023).

Aux niveaux continental et sous-régional (les pays francophones et lusophones membres de KIX Afrique 21), la période post 2015 a ouvert un agenda de mobilisation forte autour des principaux enjeux de l’éducation. C’est ainsi que l’Union africaine a lancé sa stratégie continentale d’éducation pour l’Afrique (CESA) 2016-2025, la Francophonie son cadre stratégique 2023-2030 et d’autres cadres d’action au niveau national afin de progresser vers l'atteinte de l’ODD 4 à l’horizon 2030.  En plus de plusieurs défis qui persistent, d’autres ont fait surface, notamment la pandémie du COVID-19. Selon la commission internationale sur le futur de l’éducation (UNESCO, 2020), la pandémie du COVID-19 a permis de mettre en exergue plusieurs inégalités et vulnérabilités auxquelles les pays font face ainsi que la nécessité d’assurer une éducation de qualité pour plusieurs millions d’enfants sur le continent africain. Ces derniers représentent la grande majorité de plus d’un milliard d’enfants en manque de scolarisation régulière ou qui se trouvent complètement hors des écoles et des Centres d’apprentissage.

La région du Sahel dont la quasi-totalité des pays sont membres du Centre KIX Afrique 21, compte aujourd’hui près de 12 millions d’enfants déscolarisés à la suite de la fermeture de plus de 3393 écoles. Car à la crise sanitaire du COVID-19, s’est aussi ajoutés des conflits armés liés à la montée de l’extrémisme violent qui entravent chaque jour l'accès à une éducation de qualité (Alliance Sahel, 2021)[1].

Ces chiffres très préoccupants interpellent davantage nos États et gouvernement pour un engagement politique ferme et durable à tous les niveaux pour transformer les systèmes éducatifs.

Ainsi pour réussir cette transformation, il est nécessaire de consolider des partenariats réels et équilibrés entre tous les acteurs de l’éducation (société civile, PTFs, secteurs privés, collectivités, synergie intersectorielle). L’État doit être au centre de cette dynamique partenariale et jouer le rôle fédérateur de toutes les initiatives innovantes porteuses de changement qualitatifs dans l’éducation tel que KIX. Ces espaces de dialogues politiques générateurs de données probantes, des innovations et des connaissances devraient jouer un rôle majeur en termes d’inter -apprentissage entre les pays, mais aussi de création de liens étroit vers une approche intégrée qui articule les politiques socio-économiques et les politiques éducatives pour une vision partagée de la contribution de l’éducation au bien-être des populations.

C’est fort de cette analyse que le Centre KIX Afrique 21 a développé sa vision pour la période 2023-2027 de KIX 2.0, c.-à-d., servir de plateforme pour l’institutionnalisation d’une culture d’utilisation des connaissances et des innovations pour la transformation qualitative des systèmes dans les pays de la région.


La vision adoptée est la suivante :

« À l’horizon 2027, les pays du Centre KIX Afrique 21 ont institutionnalisé la culture du partage et de capitalisation des innovations et des connaissances, en prenant en compte de façon transversale le genre, l’équité et l’inclusion, et utilisent systématiquement des données probantes dans les processus de formulation et mise en œuvre de leurs politiques éducatives ».

Cette vision du Centre KIX Afrique 21 se traduira méthodologiquement et principalement par la consolidation des acquis à travers le renforcement des actions de dialogues politiques au niveau national, la mise en place de partenariats stratégiques avec les acteurs clés dans la région et au-delà, et l’intégration des dimensions genre, équité et inclusion de façon transversale dans les axes stratégiques. À cela s'ajoute l’accompagnement des pays à travers des actions de renforcement des capacités, de partage de connaissances et des innovations mais aussi de mobilisation et de production de connaissances.

En droite ligne avec la vision, le Centre se donne la mission de :

« Promouvoir des dialogues politiques nationaux pour une transformation de la gouvernance et de la gestion des systèmes sous-tendue par la mobilisation et la production de données, en prenant en compte de façon transversale le genre, l’équité et l’inclusion, et de leurs utilisations et mises à l'échelle par les décideurs et les parties prenantes clés ».

 Afin de remplir cette mission, les objectifs spécifiques ci-après sont poursuivis :

  1. Soutenir le partage et la capitalisation des connaissances et d’innovations aux niveaux national et régional pour un apprentissage intra et inter pays ;

  2. Soutenir la prise en compte et la mise à l’échelle nationale d'innovations prometteuses, de données probantes régionales et internationales issues de la recherche ainsi que des biens publics mondiaux ;

  3. Renforcer les capacités des acteurs nationaux du secteur de l'éducation par le biais d'activités de développement professionnel et institutionnel.

  4. Apporter un appui technique aux pays pour traduire les connaissances et innovations en politiques et en programmes.

À travers ces objectifs, il est attendu comme résultats que : (i) les pays collaborent, partagent les innovations et les connaissances aussi bien au niveau national qu’au niveau régional et utilisent les données probantes dans la formulation des politiques ; (ii) les pays francophones et lusophones intègrent et institutionnalisent les processus de capitalisation et de partage de connaissances et d’innovations dans la formulation de politiques et la planification et que (iii) les acteurs des systèmes éducatifs ciblés sont mieux informés et pertinemment outillés, pour une gestion et une planification efficace et efficiente.

L’impact souhaité à terme étant que « Les pays du Centre KIX 21 disposent de politiques publiques d’éducation efficaces grâce à institutionnalisation d’une culture de partage des innovations et des connaissances ».

Le Centre se donne les moyens techniques, administratifs et financiers pour l’atteinte de sa mission. La gouvernance et la gestion du Centre ont été revues et ajustées sur la base des leçons apprises aussi bien des succès que des défis internes et externes rencontrés.

Des partenariats stratégiques seront noués avec des acteurs internationaux, régionaux et nationaux pour assurer une synergie et une complémentarité dans les actions.  

Pour dérouler de manière optimum le Programme, ces principes directeurs seront mis en avant : (i) l’alignement aux priorités nationales pour faire en sorte que toutes les activités qui seront réalisées dans le cadre de la mise en œuvre du programme KIX soient alignées aux priorités des pays de manière à répondre aux besoins réels desdits pays; (ii) la co-construction qui sous-tendra démarche participative et itérative afin de favoriser une implication effective de toutes les parties prenantes et (iii) une intervention à la demande des pays afin de s’assurer de la prise en compte des priorités des pays et de leur engagement dans la conception et la mise en œuvre  des actions prioritaires du programme ;(iv) Un modèle de partenariat et de collaboration basé sur les Centres KIX afin que le Centre dispose de résultats de recherches et autres travaux des hubs, des partenaires et des projets KIX régionaux et mondiaux  afin de les capitaliser et de favoriser leur partage à l’échelle nationale et régionale.

I — Contexte

Les systèmes éducatifs en Afrique ont pour objectif premier de permettre une éducation inclusive de qualité. La majorité des pays ont entrepris d'importantes réformes de leurs systèmes éducatifs, révisant les structures éducatives et leur organisation au niveau national, ou définissant des Plans sectoriels de l'Éducation.

Certains pays ont renforcé leurs programmes, revu et enrichi les curricula afin de permettre une meilleure insertion des élèves. Malgré ces progrès, des difficultés persistent en matière de rétention et d'acquis scolaires : les systèmes restent souvent caractérisés par un faible niveau d'achèvement et d'acquis des compétences scolaires, et les statistiques éducatives demeurent en deçà des enjeux d'un accès de qualité à l'éducation pour tous, particulièrement les filles.

La question de la formation des enseignants constitue une problématique majeure pour la plupart des États africains : la qualité des apprentissages est en grande partie déterminée par la qualité des formations et la compétence des enseignants. Ces réformes ne peuvent être menées hors-sol : elles doivent être connectées aux pratiques de terrain, et l'innovation éducative ne peut se détacher de la recherche, pierre fondamentale de l'évolution des pratiques. Ce recours à la recherche passe par une meilleure intégration de ses résultats dans les curricula et dans les pratiques professionnelles des enseignants.

Entre octobre 2024 et octobre 2025, l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a conduit une mission d'envergure visant à documenter, structurer et mettre en visibilité l'écosystème de la recherche en sciences de l'éducation dans 10 pays membres du Centre KIX Afrique 21 : Bénin, Burundi, Cameroun, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Guinée, Sénégal, Tchad et Togo.

Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large portée par le KIX-GPE, visant à renforcer la qualité de la formation initiale et continue des enseignants, améliorer la circulation des résultats scientifiques, et favoriser une meilleure prise en compte de la recherche dans les décisions publiques.

Le Centre KIX Afrique 21 dispose désormais de 10 rapports nationaux sur la recherche en éducation, ainsi que d'un rapport d'analyse global mettant en avant les grands enjeux pour accompagner la structuration, la production et la valorisation de la recherche en éducation dans ces pays. Ces livrables constituent une base structurante permettant aux États et aux institutions académiques d'identifier leurs forces, leurs besoins, et les pistes de renforcement des liens entre recherche, formation et politiques éducatives.

Le rapport global de l'étude recommande notamment, dans son Axe 5 « Renforcer le lien entre recherche, formation des enseignants et politiques publiques », d'institutionnaliser des interfaces entre ministères et chercheurs, de créer des cellules scientifiques ou comités mixtes au sein des ministères, d'adosser les dispositifs de formation à la recherche locale, et de développer des formats de transfert des connaissances vers les décideurs.

Lors du webinaire de restitution, il a été proposé que le KIX travaille à une restitution publique nationale de l'étude dans chaque pays, auprès des acteurs universitaires et institutionnels, afin de partager les constats et d'envisager les pistes pour implémenter un dialogue durable entre recherche et institutions.

Au-delà de cette restitution nationale, l'AUF propose un accompagnement ciblé et expérimental auprès de trois pays choisis parmi les dix ayant participé à l'étude et exprimé le souhait d'un appui structurant : le Sénégal, la Guinée et les Comores. Cet accompagnement vise à soutenir les acteurs locaux dans la mise en œuvre et l'institutionnalisation de mécanismes nationaux de dialogue entre la recherche et les institutions.

Le pôle GPE KIX Afrique 21, à travers l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), recherche donc 3 experts pour l'accompagnement des 3 pays dans la mise en œuvre de ces cellules nationales de dialogue recherche-institutions.

Le choix de ces 3 pays s'est fait à travers les manifestations d'intérêt des équipes KIX et une sélection reflétant la diversité des niveaux de développement en matière de recherche et d'éducation observés dans la cartographie, afin de permettre une certaine complémentarité et d'ajuster l'organisation du dispositif aux spécificités de chaque pays.

Le monde de la recherche, de l'enseignement supérieur et de l'éducation de base peine parfois à se comprendre et à travailler ensemble. Il paraît donc indispensable de créer des espaces de rencontre et d'échange afin de favoriser l'accès à une éducation de qualité pour tous les enfants, et particulièrement les filles : d'importants travaux de recherche sont réalisés en matière d'éducation sans être toujours exploités dans la prise de décision politique, et inversement les travaux de recherche ne sont pas toujours menés en lien avec les priorités politiques des pays.

II — Objectifs

        Restituer la cartographie de la recherche en éducation effectuée dans les 3 pays concernés.

        Co-construire et tester des dispositifs légers et transférables d'articulation entre recherche et institutions politiques d'éducation, à travers des cellules nationales recherche-institutions.

        Appuyer la mobilisation de chercheurs et de praticiens autour des cellules nationales recherche-institutions, au sein d'une École Normale Supérieure, d'un centre de formation des enseignants ou du Ministère de l'Éducation nationale (MEN), à travers l'équipe nationale KIX, afin de structurer un espace de dialogue entre chercheurs, formateurs et décideurs/managers.

III — Livrables

1. Mise en place des cellules nationales recherche-institutions

        Note officielle de création des cellules (décret, arrêté ou décision interne).

        Organigramme fonctionnel des cellules (rôles, responsabilités, gouvernance).

        Termes de référence (TdR) des cellules et des ateliers des étapes 1 (Évaluation des besoins, restitution cartographie et atelier participatif de conception des cellules nationales recherche-institution) et 3 (Accompagnement de la phase de test-implémentation du mécanisme).

        Plan de travail annuel détaillé (objectifs, calendrier, budget).

        Manuel de fonctionnement de la cellule (procédures, méthodologie de recherche, outils de suivi).

        Liste nominative de l'équipe mixte chercheurs / professionnels de l'éducation / décideurs politiques.

        Programme de renforcement des capacités (modules de formation, supports pédagogiques).

2. Production de résultats de recherche et partage avec le GLPE

        Présentation PowerPoint des résultats pour le GLPE.

        Compte rendu officiel de la réunion du GLPE intégrant les recommandations.

        Feuille de route conjointe GLPE – Cellule de recherche pour le suivi des recommandations.

 

GLPE : Groupe Local des Partenaires de l'Éducation.

Le GLPE est un mécanisme de coordination créé dans le cadre du Partenariat mondial pour l'éducation (PME/GPE).

Il constitue une plateforme de concertation et de gouvernance sectorielle entre le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers, destinée à assurer une coordination cohérente des efforts en faveur de l'éducation. Ce dispositif existe dans de nombreux pays partenaires dont le Sénégal, la Guinée et les Comores. Les GLPE sont généralement constitués des Ministères de l'Éducation (chef de file), des partenaires techniques et financiers et des représentants de la société civile.

Les GLPE sont donc des partenaires actifs primordiaux dans le cadre de la mise en place des cellules nationales de dialogue recherche-institutions.

 

3. Capitalisation intermédiaire et diffusion via la plateforme KIX

Fiches de capitalisation standardisées par expérimentation, incluant :

        Contexte et problématique

        Méthodologie

        Résultats

        Leçons apprises

        Recommandations

IV — Phases de l'intervention

        Identification des 3 pays.

        Étape 1 : Évaluation des besoins, restitution de la cartographie et atelier participatif de conception des cellules nationales recherche-institution.

        Étape 2 : Cadrage et construction de la cellule nationale recherche-institutions.

        Étape 3 : Accompagnement de la phase de test / implémentation du mécanisme.

        Étape 3 bis : Travail des cellules nationales sur un mini-projet de recherche en éducation (en cours dans les pays).

        Étape 4 : Atelier collaboratif et retours de la phase test.

V — Mise en œuvre et suivi

Les consultants internationaux auront la charge de l'accompagnement des cellules nationales recherche-institutions sur les 8 mois du projet, de façon perlée, avec 2 déplacements sur place par pays.

La responsable de projet KIX rattachée à l'AUF assurera le suivi organisationnel, le suivi-qualité du projet, ainsi que la partie administrative et la valorisation de l'ensemble des activités auprès du Pôle GPE KIX Afrique 21. Une mission de la responsable de projet est prévue dans chaque pays.

Le point focal KIX du pays devra être associé au minimum aux étapes de restitution.

VI — Résultats visés

        Institutionnalisation de la recherche appliquée au sein des institutions partenaires.

        Renforcement des capacités des formateurs et praticiens en recherche-action.

        Meilleure articulation entre pratiques pédagogiques et production de connaissances.

        Visibilité régionale et internationale des innovations éducatives.

        Diffusion des bonnes pratiques auprès d'autres institutions et pays.

        Possibilité de mise à l'échelle des expérimentations réussies.

VII — Public cible, parties prenantes et rôles

Les trois pays concernés sont le Sénégal, la Guinée et les Comores.

En fonction de l'évaluation des besoins et des sensibilités propres à chacun des 3 pays, la coordination des cellules nationales recherche-institution sera logée au sein de la Direction du Ministère de l'Éducation identifiée comme point focal de l'équipe nationale KIX, dans une logique de cohésion du programme, de complémentarité et de facilité de communication et de suivi.

Une attention particulière sera portée à l'inclusion, en termes d'âge et de genre (50 % de femmes projeté), afin de constituer des équipes complémentaires et représentatives de la population des pays concernés. Les cellules nationales seront composées de 10 à 20 personnes maximum, avec un « point focal » et un bureau restreint d'environ 5 personnes.

Institutions nationales de formation et de recherche en éducation

Rôle : membre de l'équipe de conception de la cellule nationale recherche-institutions ; responsable de la mise en place d'une méthodologie de recherche adaptée et qualitative, au regard du contexte et des résultats attendus.

        École Normale Supérieure

        Institution nationale de formation des enseignants (primaire)

        Université – faculté des sciences de l'éducation

        Institut national de recherche en éducation, le cas échéant

Directions centrales des Ministères

Rôle : membre de l'équipe de conception des cellules nationales recherche-institutions ; principal responsable de la formulation des thématiques prioritaires de recherche, et à terme acteur du plaidoyer en faveur du renforcement de la recherche en éducation dans les dispositifs de formation initiale des enseignants.

        Direction de la Form